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Exemple de réglementaion communale en France

Voici des exemples concrets de réglementations communales ou intercommunales existantes en France concernant l’usage de l’eau, qui peuvent servir de base ou d’inspiration pour votre projet :


1. Règlements de service d’eau et d’assainissement

  • Base légale : Les communes et intercommunalités sont tenues d’établir un règlement de service pour chaque service d’eau ou d’assainissement, définissant les droits et obligations des usagers, des propriétaires et de l’exploitant. Ce règlement est adapté aux conditions locales et peut inclure :
    • Les modalités de prélèvement, de stockage et d’usage de l’eau (y compris les eaux pluviales).
    • Les restrictions en période de sécheresse ou de pénurie.
    • Les sanctions en cas de non-respect (ex : prélèvements non déclarés, pollution).
    • Les obligations d’entretien des réseaux et des ouvrages (ex : fossés, bassins de rétention).
    • La gestion des eaux pluviales (infiltration, rejet, récupération).
  • Exemple : Certaines communes imposent des cuves de récupération d’eau de pluie pour les nouvelles constructions, ou limitent l’arrosage des jardins en été.

2. Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations (GEMAPI)

  • Compétence communale/intercommunale : Depuis 2016, les communes ou leurs groupements (EPCI) sont compétents pour la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations. Cela inclut :
    • L’entretien des cours d’eau non domaniaux (curage, fauchage, restauration des berges).
    • La création de zones d’expansion de crues ou de bassins de rétention.
    • La réglementation des activités riveraines (ex : interdiction de clôturer les berges, obligation de laisser un libre accès pour l’entretien).
  • Exemple : Des communes en zone inondable imposent des servitudes de passage pour l’entretien des cours d’eau, ou interdisent l’imperméabilisation des sols en bordure de rivière.

3. Schémas d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE)

  • Outil local : Les SAGE sont des documents opposables, élaborés à l’échelle d’un bassin versant, qui fixent des règles pour concilier usages (agriculture, eau potable, industrie) et protection des milieux. Les communes peuvent s’appuyer sur ces schémas pour :
    • Limiter les prélèvements en période de basse eau.
    • Imposer des bandes enherbées ou des zones tampons le long des cours d’eau.
    • Réglementer les pratiques agricoles (ex : interdiction d’épandage près des captages).
  • Exemple : Dans le bassin de la Loire, des SAGE interdisent les prélèvements agricoles en été sans autorisation préfectorale, ou imposent des quotas d’irrigation par exploitation.

4. Règlements locaux sur les eaux pluviales

  • Gestion à la parcelle : Certaines communes ou métropoles (ex : Métropole de Lyon, Bordeaux) ont mis en place des règlements pluviaux qui obligent :
    • La désimperméabilisation des sols pour les nouvelles constructions.
    • L’infiltration ou le stockage des eaux de pluie sur place (ex : bassins, noues, toitures végétalisées).
    • Le respect de coefficients de ruissellement maximaux.
  • Exemple : À Paris, les projets d’aménagement doivent intégrer des solutions fondées sur la nature (ex : jardins de pluie) pour gérer les eaux pluviales.

5. Chartes et conventions locales

  • Accords entre usagers : Certaines communes ou syndicats de rivière encouragent la signature de chartes entre agriculteurs, industriels et particuliers pour :
    • Partager la ressource en période de tension.
    • Limiter les pollutions diffuses (ex : produits phytosanitaires).
    • Organiser l’entretien collectif des cours d’eau.
  • Exemple : Dans le Gers, des chartes locales encadrent l’usage des forages agricoles et prévoient des tours d’eau en cas de sécheresse.

6. Arrêtés municipaux de restriction d’usage

  • Pouvoirs du maire : En cas de crise (sécheresse, pollution), le maire peut prendre des arrêtés pour :
    • Interdire l’arrosage des jardins ou le remplissage des piscines.
    • Limiter les prélèvements agricoles.
    • Obliger la mise en place de systèmes d’économie d’eau.
  • Exemple : En 2022, de nombreuses communes du Sud-Est ont interdit l’irrigation diurne et imposé des réductions de 50% des prélèvements.

7. Intégration dans les documents d’urbanisme

  • PLU(i) et SCOT : Les communes intègrent de plus en plus des règles sur l’eau dans leurs documents d’urbanisme :
    • Zones inconstructibles en bordure de cours d’eau.
    • Obligation de végétalisation des berges.
    • Interdiction des pesticides près des points d’eau.
  • Exemple : Le PLU de Rennes Métropole impose des corridors écologiques le long des rivières et limite l’artificialisation des sols.

Points clés à retenir pour votre projet :

  • Articulation avec l’existant : Toute réglementation communale doit être compatible avec les lois nationales (Code de l’environnement, LEMA, SDAGE) et les outils locaux (SAGE, GEMAPI).
  • Concertation : Impliquer tous les usagers (agriculteurs, habitants, industriels) pour éviter les contentieux.
  • Opposabilité : Les règlements de service et les arrêtés municipaux sont directement applicables, tandis que les SAGE ou les chartes nécessitent une adhésion volontaire.
  • Sanctions : Prévoir des contrôles et des sanctions proportionnées (amendes, suspension des prélèvements).

Prochaine étape : Souhaitez-vous des modèles de règlements types, des retours d’expérience de communes ayant mis en place ces outils, ou un focus sur un type de ressource (ex : eaux pluviales, cours d’eau) ?